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Gégé-La-Flemme se demande pourquoi la maîtresse a dit ce matin qu’il lui donnait du fil à retordre, vu qu’il ne se rappelle pas lui en avoir jamais donné à tordre et qu’il est impossible de retordre du fil si on n’en a pas déjà tordu. D’ailleurs il est impossible qu’il lui en ait donné à tordre, encore moins à retordre, parce que du fil, il n’en a jamais sur lui. Et s’il en avait, il ne le donnerait pas, il le vendrait. Si encore elle avait dit : « Tu me vends du fil à tordre », ç’aurait été différent. Mais tout cela est idiot. A quoi bon tordre soi-même du fil quand tous les quincailliers en vendent du déjà tordu et, en plus, barbelé. En admettant qu’elle ait dit : « Tu me donnes du fil barbelé à détordre », il aurait compris, Gégé-La-Flemme. Détordre du fil de fer barbelé se conçoit mieux que retordre du fil qui ne l’est pas.

La vérité, pense Gégé-La-Flemme, c’est que la maîtresse a l’esprit complètement tordu, encore plus que le fil. Et qu’elle ne compte pas sur lui pour le lui détordre, parce que, si ça se trouve, son esprit, en plus d’être tordu, il est barbelé. Dans ce cas, faudrait y aller avec des tenailles mais ce n’est pas possible vu que la maîtresse n’est pas à prendre avec des pincettes et que lui, de toute façon, il n’est pas outillé.

Le fil à retordre, Claude Bourgeyx
Tag(s) : #Littérature